Une délégation de journalistes de France en tournée dans le Néguev

Thursday, February 11, 2016
Une délégation de journalistes et de professionnels de la communication de France a effectué un voyage de 3 jours en Israël pour se familiariser avec les nombreuses réalisations du KKL dans les domaines de l’eau et de l’agriculture. Le voyage était organisé conjointement avec le Bnei Brit.

« C’est une occasion de voir Israël sous un jour totalement différent, a dit Gil Rivière du journal Agriculture et Environnement. C’est pour nous une source d’inspiration de voir comment Israël réussit à gérer ses ressources en eau et à développer son agriculture dans une région désertique ».

La délégation a été organisée grâce à une coopération entre le KKL et l’organisation du Bnei Brit. « Notre objectif consiste à présenter la réalité israélienne dans le domaine du développement durable » a souligné Norbert Lipszyc, délégué du Bnei Brit en Israël. Notre ambition est de modifier l’image d’Israël dans les médias. C’est en venant en Israël que les gens se feront une idée exacte du pays ».

Sa collègue Véronique Hauptschein, déléguée du Bnei Brit de France, a ajouté : « Il est important pour nous que l’on connaisse Israël tel qu’il est vraiment ainsi que la réalité complexe du pays ».

Les eaux usées du Goush Dan : une immense station d’épuration des effluents
La journée a commencé par la visite de la principale station d’épuration d’eau des effluents du Goush Dan qui est l’une des plus grandes usine de recyclage de l’eau dans le monde. Située à Rishon-le-Zion, son centre d’accueil des visiteurs enseigne l’écologie au public grâce à des films, la simulation d’un voyage dans une canalisation souterraine et des explications sur le processus du recyclage de l’eau.

On a expliqué aux  membres de la délégation française comment Israël est devenu un leader mondial du recyclage de l’eau, sachant qu'environ 75% des effluents d’Israël sont purifiés et servent à l’agriculture. L’objectif est de parvenir à 90% au cours des prochaines années.

Plus de 50% de l’eau utilisée pour l’agriculture provient d’eau recyclée. L’augmentation des ressources en eau permet de faire fructifier  les champs du Néguev. L’eau purifiée est relativement bon marché et elle est mise à la disposition des agriculteurs, ce qui les aide à mieux gagner leur vie.

Le recyclage de l’eau permet non seulement d’économiser de l’eau potable, qui a une grande valeur, mais il évite aussi de polluer les rivières et l’eau de mer. Des processus de contrôle rigoureux et un suivi continu garantissent la qualité de l’eau. L’eau purifiée est d’une qualité qui approche celle de l’eau potable, elle convient à toutes les catégories de cultures agricoles et à l’irrigation des jardins publics.

« L’eau est un domaine fascinant, vital pour nous tous, c’est-à-dire tous les êtres vivants » a déclaré Martine Le Bec, fondatrice du site www.h2o.net qui a pour vocation de traiter de l’eau sous divers aspects. « Dans tous les pays que j’ai visités, il y a toujours eu des gens qui ont entamé la conversation avec moi pour me parler  des problèmes de l’eau dans leur pays. Ici en Israël, on me parle des solutions. Il est évident que beaucoup de pays peuvent tirer parti des connaissances israéliennes dans ce domaine ».

La pépinière de Gilat : des graines à la forêt
Le voyage s'est poursuivi vers le sud en direction du Néguev, avec en toile de fond, les vastes espaces verts parsemés de fleurs des champs qui sont actuellement en pleine floraison. Il y a en ce moment un festival dénommé « Le Sud rouge » qui a lieu chaque année dans le Néguev occidental avec la participation de dizaines de milliers de personnes. Pendant un mois des excursions, des activités pour toute la famille sont organisées et surtout, les promeneurs viennent admirer des milliers d’anémones.

Au cours de leur visite à la pépinière du KKL à Gilat, les invités ont été impressionnés par le grand nombre d’arbres forestiers  et de plantes ornementales, destinés  à être plantés dans les forêts, les parcs et les jardins publics. Chaque année on cultive dans cette pépinière 800 000 plants de 300 espèces différentes.

Pablo Cherkasky, le directeur de la pépinière, décrit les différentes étapes de la croissance d’une plante : « Tout d’abord on va recueillir les graines dans les forêts, on les fait croître dans la pépinière et ensuite on les replante dans les forêts, les parcs ou les jardins. Les plantes forestières sont reproduites en général par des semis de graines et les plantes ornementales à l’aide de boutures. Les graines proviennent  d’arbres sélectionnés dans les forêts  et dans la pépinière. Une partie des graines sont traitées par réfrigération, trempage et divers moyens mécaniques pour augmenter le taux de germination.

La germination se fait en caisson dans des conditions d’humidité et de température qui sont contrôlées par un ordinateur. Le graines subissent un processus de désinfection et sont plantées dans des bacs. Ensuite elles croissent dans une serre dotée d’un système d’irrigation. Les boutures prennent racine sur des tables chauffantes, puis sont transplantées dans des caissons et placées sous un grillage fin qui leur donne de l’ombre. Elles sont arrosées par un système de goutte à goutte ou par arrosage habituel. Lorsque les plants sont suffisamment grands, ils sont répartis dans toute la région du Néguev où on les replante.

A Tou Bishvat, le Nouvel An des Arbres, que l’on a fêté ce mois-ci en Israël, des centaines de milliers de personnes de tous les milieux ont participé aux plantations d’arbres que le KKL a organisé dans tout le pays.

Recherche et Développement dans le sud : l’agriculture dans le Néguev
A la station de Recherche et de Développement (R&D) du sud du pays, située dans le Hevel Habessor, la délégation a rencontré Liana Ganot, coordinatrice de la protection de la flore, qui leur a parlé de la recherche expérimentale en agronomie effectuée sur place, dans le but d’aider les agriculteurs à affronter les conditions spécifiques du climat et du sol, économiser de l’eau, lutter contre les parasites et améliorer la rentabilité des divers secteurs de l’agriculture.

Grâce à des méthodes de culture innovantes et à des variétés spécifiques inventées par les agronomes de la station de R&D, l’agriculture est florissante dans cette région, malgré le climat très chaud et sec et le manque d’eau.

Les invités de France ont parcouru la station de R&D et ont été impressionnés par les diverses cultures. La serre des tomates est l’un des endroits les plus importants de la station de R&D étant donné que 70% de toute la production de tomates d’Israël provient du Néguev. Dans la serre des fraises, ils ont pu observer le mode de culture très particulier de ces fruits. On fait pousser des fraises suspendues en l’air pour faciliter la récolte et limiter les dégâts provoqués par les parasites. Ils ont aussi admiré la beauté des fleurs cultivées dans les serres de fleurs.

Francis Pisani du journal Le Monde était venu une fois en Israël lors d’un précédent séjour. « J’ai pensé que c’était une occasion de mieux connaître le pays. La question de l’eau est un problème clé dans le monde entier et Israël possède une grande expertise dans ce domaine ».

Nir-Am : l’histoire de l’eau
Au musée de l’eau du kibboutz Nir-Am, les membres de la délégation ont rencontré Yaël Projeanne,  ils ont pu observer la Bande de Gaza et se rendre compte à quel point les kibboutzim israéliens étaient proches de la frontière. Yaël Projeanne leur a parlé de la manière dont on vit au kibboutz, sous la menace permanente. Elle leur a montré un champ à l’extrémité du kibboutz, à quelques dizaines de mètres de l’endroit où ils se trouvaient et leur a raconté que' à cet endroit exactement, on avait découvert un tunnel creusé par les terroristes du Hamas. Le tunnel avait été découvert pendant qu’un agriculteur du kibboutz faisait la moisson.

Le musée de l’eau se trouve dans un ancien bâtiment, un vestige historique, qui a servi de  station de pompage au premier réseau de distribution d’eau du Néguev, mis en place en 1947. A l’intérieur du musée, Yaël a relaté aux membres du groupe l’histoire du peuplement du Néguev, en insistant sur le rôle essentiel de l’eau dans l’histoire de la région.

Lorsque 11 point de peuplement ont été fondés dans le Néguev, on s’est demandé comment alimenter en eau tous ces nouveaux kibboutzim. Ben Gourion a répondu : « Avec des canalisations de 6 pouces » et c’est ce qui a été fait. Depuis lors et jusqu’à ce jour, l’eau est restée la clé de la mise en valeur du Néguev, une partie du désert a été transformé en une région verdoyante et la vie est revenue dans ces zones arides autrefois désertes.

Le réservoir de Sdérot : irrigation des champs
Au réservoir de Sdérot, qui a été édifié grâce à une donation des amis du KKL des Etats-Unis, du Canada et de Belgique, on a expliqué au groupe le rôle du KKL dans le développement des ressources en eau. Le KKL a construit plus de 230 réservoirs d’eau à travers tout le pays qui recueillent les effluents purifiés et les eaux de pluie et les restituent ensuite aux champs et aux vergers.

Meir Broukental, directeur de la station d’épuration de Sdérot, a expliqué que le réservoir de Sdérot recevait ses eaux de la station d’épuration de Sdérot. En hiver, lorsqu’il n’est pas nécessaire d’arroser les champs, les eaux usées purifiées s’accumulent dans le réservoir qui contient 1 million de m3 d’eau et en été les eaux servent à l’irrigation des champs et des vergers.

C’est ainsi que s’est achevée une journée passionnante dans le Néguev. Le lendemain, les membres du groupe ont poursuivi leur tournée avec de nouveaux briefings sur le rôle du KKL dans la gestion de l’eau et le développement de l’agriculture, entre autres, à la station de traitement des déchets par biofiltrage de Kfar Saba, près des bassins verts de Hod Hasharon et à l’Institut Volcani.

Vincent de Feligonde, reporter au journal catholique La Croix et membre de la délégation de journalistes, n’était pas revenu en Israël depuis plus de 30 ans. « Israël est un pays novateur doté de technologies de pointe qui réussit à surmonter  de nombreux défis » a-t-il dit avec enthousiasme à la fin de la journée.